Aline



Les yeux encore marqués des relents de la fête,
Les paupières alourdies d'un reste de paillettes,
Aline sommeillait, écrasée par l'ennui
D'un long vol monotone jusqu'au bout de la nuit.

Aux échos déclinants des flûtes et des trompettes,
Répondaient maintenant les cris de la tempête.
Le tonnerre aveuglé par l'éclair ébloui,
Soudain tonitrua de fureur et de bruit.

Comme des dieux courroucés martelant leur enclume,
Les cieux déchainés foudroyérent violemment
Ce voilier mystérieux se mouvant dans la brume.

L'océan affamé, guettant l'oiseau posthume,
Perdu, désemparé, balloté par les vents,
L'engloutit à jamais dans ses mâchoires d'écume.

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