Réveillez-vous, que diantre! Aline a disparu.
Happée par l'océan, cette nuit, elle n'est plus.
A l'effroi de sa perte, succède le silence,
Aux clameurs hystériques, l'oubli et sa violence.
Même si quelques remous viennent agiter la mer,
Empreintes dérisoires sur les flots éphémères,
Bientôt le vent, la houle et les embruns salins
Fermeront pour toujours son tombeau cristallin.
Réveillez-vous, vous dis-je! Ne fermez plus les yeux.
La vie est incertaine, son souffle est capricieux.
Savourez pleinement chacun de vos instants.
Dans un an, dans une heure, peut s'arrêter le temps.
Goûtez chaque saveur, respirez chaque odeur.
Chantez, dansez, aimez et séchez tous vos pleurs.
Ce qui n'est plus n'est pas, demain n'est pas encore.
Hors du présent se cache le spectre de la mort.
Réveillez-vous enfin de votre léthargie!
Épuisez chaque jour votre plein d'énergie.
Vivez chaque minute comme étant la dernière
Et que chaque seconde déborde de lumière.
Mais ne vous prêtez plus aux vaines simagrées,
N'ayez que des remords, oubliez les regrets.
Souvenez-vous longtemps, en lettres opalines
Gravées dans l'océan, du message d'Aline.
Le message d'Aline
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