Renaissance

Après avoir longtemps affronté la tempête,
Redouté, plus que tout, ses calmes diaboliques,
Je respire, exténué, l’âme mélancolique,
Car je suis parvenu au terme de ma quête.

De mes chaînes passées, de mes anciens tourments,
De ces longues années, de tout ce temps perdu,
Où, sans savoir pourquoi, je ne t’ai qu’attendue,
Il ne me reste rien que juste un peu de vent.

Je me suis libéré des vieilles habitudes,
J’ai brisé ma coquille, j’ai déchiré le voile
Qui m’empêchait naguère d’admirer les étoiles,
J’ai vaincu, intrépide, l’ingrate solitude.

Sans remords ni regrets, je quitte mes haillons,
Mes hardes déchirées, mes vieux souliers crottés,
Je me retrouve nu, devant toi, ligoté,
Comme la chrysalide devant le papillon.

Assoiffé d’espérance et ivre de bonheur,
À l’aube inattendue d’une nouvelle vie,
J’ose braver le monde, son tumulte et ses cris,
Sa jalousie vulgaire et ses viles rumeurs.

Ayant séché mes pleurs sous le feu de ma flamme,
Et ayant parcouru la moitié du chemin
Qui, contre toute attente, me mène à ton destin,
Je m’apprête à brandir très haut ton oriflamme.

Il suffit d’un seul mot, d’un regard entendu,
D’un parfum séraphique aux effluves marines,
Pour qu’aussitôt chevauchent des ondes assassines
Qui embrasent mon âme à ton cœur suspendue.

Cette douce harmonie m'est d'autant plus exquise,
Que ses notes cristallines, éclaboussant mes nuits,
En milliers de cascades de fines perles de pluie,
Désaltèrent cette terre, bien âprement conquise.

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