Nuits océanes

Quand le soir fatigué étend son voile nocturne
Et s’enfonce dans mes nuits baignées de solitude,
Mon esprit vagabonde et mon cœur taciturne
Pleure de mélancolie des affres d’incertitude.
Quand insensiblement mes souvenirs s’estompent
Et luttent contre le temps qui corrompt et qui ronge,
Avant que ma mémoire malmenée ne me trompe,
Je rêve à nos extases illuminant mes songes.
Et quand, à la recherche de sensations perdues,
De sentiments enfouis au plus profond de moi,
Je plonge dans des ténèbres pleines d’inattendu,
J’espère y retrouver, exaltés nos émois.
Quand Morphée dans ses bras essaie de m’étouffer
Et, pour me soulager, m’oblige à t’oublier,
Je vois en un éclair, dans mes yeux, défiler
Nos étreintes passées et nos premiers baisers.
Puis quand mon corps vaincu à l’aube crépusculaire,
S’abandonne enfin, désertant ses envies,
Irrésistiblement un désir solitaire
Réveille bien âprement des rêves inassouvis.
Quand inlassablement jaillissent à ma mémoire
Ta chaleur, tes rondeurs, tes moiteurs, tes senteurs,
Ferments d’un embarras plutôt ostentatoire,
Inflexible témoin de toutes mes ardeurs,
En me désaltérant à ta source coquine,
Je sens venir en moi des élans triomphants,
Préludes à de fougueuses éruptions opalines,
Que mes draps désertés accueillent tristement.
Mais ces nuits océanes sont mon seul exutoire,
Pour endurer mes chaînes et vaincre ma douleur,
Tu es mon paradis, je suis au purgatoire,
Ta patience est le prix de mon futur bonheur.

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